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Centre européen de recherche et d'enseignement des géosciences de l'environnement
L’unité mixte
de recherche UR 161 UMR CEREGE est composée
de 20 chercheurs et enseignant-chercheurs, altérologues, géomorphologues,
hydrogéologues,
tectoniciens, géochimistes, minéralogistes et métallogénistes
qui s’intéressent à la qualification, la quantification
et la datation des processus d’altération et d’érosion
de la lithosphère en zone tropicale,
incluant les transferts et cycles biogéochimiques des éléments
aux interfaces sol-eau-plante. Les formations latéritiques nickélifères de Nouvelle-Calédonie En Nouvelle-Calédonie, un tiers de la superficie de la Grande-Terre est couvert des roches ultrabasiques, les péridotites, appartenant à une nappe d’ophiolites mise en place par obduction, il y a 34 millions d’années. Des formations latéritiques à minerais nickélifères se sont développées par altération météorique de ces roches, faisant ainsi la richesse de la Nouvelle-Calédonie, 3ème producteur mondial de nickel.
L’UMR 161 mène des études intégrées sur les écosystèmes latéritiques, en particulier, sur la structure et le fonctionnement des manteaux d’altération latéritique nickélifère depuis la roche saine jusqu’aux sols incluant la biosphère et l’hydrosphère (système sol-eau-plantes). Les processus d’altération et d’érosion sont qualifiés et quantifiés à l’aide de différentes méthodes et approches, intégrant diverses échelles d’observation et de mesures depuis l’étude géomorphologique des paysages (échelle kilométrique à plurikilométrique) jusqu’à l’analyse géochimique et minéralogique fine des constituants minéraux (échelles micro et nanométriques).
Les applications des recherches menées par l’UMR en Nouvelle-Calédonie relèvent aussi du champ de l’exploration et de l’exploitation des substances d’intérêt économique en général et des métaux plus particulièrement. Les résultats servent également à développer un savoir faire en accompagnement de l’exploration minière, en suivi des dispersions d’éléments induites dans le milieu naturel par l’exploitation, par les procédés de traitement des minerais, et en réhabilitation des sites miniers exploités.
Cette étude globale interdisciplinaire
apporte des informations utiles pour la prospection du nickel et
l’exploitation des minerais nickélifères, ainsi
que pour la gestion de l’eau et la quantification des flux
dissous et particulaire de métaux associés au nickel
(chrome, Cr, manganèse, Mn) en environnement minier. La restauration écologique
des sites miniers par revégétalisation peut s’appuyer
sur la connaissance des cycles biogéochimiques des éléments
comme le nickel et les métaux associés (Cr, Mn).
La cartographie géomorphologique des formations latéritiques des massifs de péridotite de Nouvelle-Calédonie est réalisée pour évaluer les mécanismes de développement à grande échelle des paysages de la Grande-Terre en relation avec le soulèvement tectonique et les processus d’érosion sous des conditions climatiques tropicales.
Cette approche vise, à terme, à évaluer le rôle de la morphogénèse et du soulèvement dans l'accumulation du nickel dans les latérites. Les formes les plus remarquables du paysage sont une série de surfaces latéritiques qui ont évolué au gré des aléas de la surrection de l'île, et, dans une moindre mesure, des variations climatiques à long terme.
La
production in situ du 10Be (béryllium 10) dans des quartz
de filons préservés au sein des profils d’altération
latéritique est mesurée pour estimer les vitesses d’érosion à la
surface des versants des massifs de péridotites.
L’étude porte sur l'inventaire et la typologie des aléas naturels (érosion) dans le sud de la Nouvelle-Calédonie, et sur la spécificité des mécanismes contrôlant les mouvements de terrain sur versants en Nouvelle-Calédonie. Cette étude vise à qualifier et quantifier les mouvements et transferts de masses érodées (glissements de terrain) et à évaluer leur part dans le bilan d'érosion à long terme de la Grande-Terre.
Sur
le bassin versant de la rivière des Pirogues, les profils
d’altération des roches ultra-basiques sont étudiés
par morpho-microscopie, minéralogie et géochimie des
chromites platinifères et des phases porteuses d’éléments
du groupe du platine (EGP).
Une étude minéralogique et géochimique du transfert et de la spéciation du nickel est menée sur les sols et les plantes du massif de roches ultra-basiques du Koniambo. Une espèce végétale hyper-accumulatrice du nickel a été identifiée, Phyllanthus favieri, ainsi que des champignons endo- et ecto-mycorhiziens associés. Les teneurs en nickel sont mesurées dans les sols, mais aussi dans les plantes et les champignons associés à ces sols.
Dans cette étude, il s’agit de faire le bilan de l’altération et de l’érosion à travers la caractérisation des charges particulaires, colloïdales et dissoutes véhiculés par les eaux de rivières drainant les bassins versants des massifs miniers. Une attention particulière est portée aux mécanismes de transfert et à la spéciation des métaux, Ni, Mn, et Cr, issus de l’érosion chimique des roches ultra-basiques, et physique des manteaux d’altération latéritiques de ces roches.
La fracturation et les variations lithologiques des péridotites induisent des différentiations dans l'épaisseur des différents horizons d'altération et donc du volume des minerais de nickel. La connaissance de la géométrie des horizons d'altération est un élément indispensable pour le calcul des réserves, et sur un plan plus fondamental, pour la compréhension de la genèse de ces formations et donc des gisements. La tomographie de résistivité électrique (TRE) est un outil géophysique qui permet d'obtenir à partir de mesures réalisées en surface, des images géoélectriques continues en 2D des matériaux en profondeur. La méthode a été appliquée sur les formations latéritiques de différents gisements de nickel néo-calédoniens. Les valeurs de résistivité sont corrélées avec les principaux faciès, cuirasse ferrugineuse, altérites, roche fraîche, reconnus par sondages miniers et sur coupes d’exploitation.
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En Nouvelle-Calédonie, les accumulations magnésiennes peuvent couvrir de vastes étendues, notamment au nord du territoire, formant des croûtes magnésiennes à giobertite, mais également des imprégnations dans les zones fracturées de la base des profils d'altération latéritique. Des études pétrologiques et géochimique sont menées sur ces accumulations ainsi que des analyses d18 0 pour caractériser l’origine et la signature paléoclimatique de ces formations.
Autres exemples d'activités de recherche L’UMR
161 mène également des
recherches scientifiques hors Nouvelle-Calédonie avec
ses partenaires universitaires d’Aix-Marseille III (CEREGE),
du Laboratoire des Sciences de la Terre de l’Université de
la Réunion
(LSTUR), et d’Ouro Preto au Brésil sur les transferts
et cycles biogéochimiques des éléments et
sur les processus d’altération et d’érosion
des boucliers Précambrien. Les informations sur ces recherches
sont consultables sur le site suivant : www.cerege.fr
La méthode de datation 40Ar / 39Ar des cryptomélanes (K1-2Mn8O16, nH2O) a été appliquée à des profils d’altération latéritique des régions de Tambao au Nord du Burkina Faso et de Serra do Navio au Nord du Brésil pour comprendre les changements géomorphologiques et climatiques qui ont affecté les paysages de ces régions.
Un nouveau projet en cours vise à mener des études géomorphologiques et tectoniques couplées à l’échelle continentale en Afrique de l’Ouest et Centrale. Des données topographiques numériques (MNT à 90 m) seront utilisées pour délimiter les grands aplanissements bauxitiques et établir leurs relations spatiales avec les systèmes d’aplanissement ferrugineux plus jeunes. Les relations entre ces aplanissements et la tectonique et les climats passés seront également étudiées pour contraindre les modèles d’évolution morpho-tectonique existant pour le continent africain.
Le site www.cerege.fr peut aussi être consulté pour
les actions de recherches menées par l’UMR au Burkina
Faso et en Inde.
Altérite : roche résiduelle provenant
de l’altération d’une roche antérieure
dite roche mère.
Nouvelle-Calédonie Toutes nos actions de recherches sont menées en étroite collaboration avec l’Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC /Géosciences et sciences de la vie), le CIRAD-IAC, avec le Service des Mines, le BRGM, les compagnies minières (SLN, Falconbridge, SMSP, Inco) et les bureaux d’études (A2EP, SIRAS, INGEMINE, AIME). Des collaborations internes sont également développées avec les autres UR et US IRD. Métropole
et DOM Internationale La coopération scientifique régionale (Australie,
Nouvelle-Zélande, Mélanésie et Micronésie)
est développée.
La formation et le partenariat universitaires sont développés avec les universités d'Aix-Marseille III (UNIVERSITÉ PAUL CÉZANNE D’AIX-EN-PROVENCE-CEREGE), Paris VII, l’Ecole Nationale Supérieure de Géologie de Nancy (ENSG), l’université de la Réunion, l'université de la Nouvelle-Calédonie (UNC) au niveau national, et l’université d’Ouro Preto, Brésil au niveau international. Thèses de doctorat 2002 2003 2004 En cours DEA-DESS et stages ingénieur 2002 2003 2004 Stages Maîtrise Science et techniques, MST 2002 2003 2004
Beauvais A., Ritz M., Parisot J.C., Dukhan M., Bantsimba, C., 1999. Analysis of poorly stratified lateritic terrains overlying a granitic bedrock in West Africa, using 2-D electrical resistivity tomography. Earth and Planetary Science Letters, 173, 413 – 424. Braucher R., Bourles, D.L., Brown, E.T., Colin F., 2003. In situ produced 10Be measurements at great depths: implications for production rates by fast muons. Earth and Planetary Science Letters, 211 (3-4), 251-258. Hénocque O., Ruffet G., Colin F., Féraud G., 1998. 40Ar/39Ar dating of West African lateritic cryptomelane. Geochim. et Cosmochim. Acta, 62 (16), 2739-2756. Meunier J.D., Colin F., Alarcon C., 1999. Biogenic silica storage in soils. Geology, 27, 835-838. Perrier N., Colin F., Jaffré T., Ambrosi J.P., Rose J., Bottero J.Y., 2004. Nickel speciation in Sebertia acuminata, a plant growing on a lateritic soil of New Caledonia. Comptes-Rendus Géosciences, 336, 567-577.
Consultez
la bibliographie exhaustive
Bruno HAMELIN,
Directeur de l'UMR
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