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Le fonctionnement de la biodiversité : les équilibres biologiques

La Lutte Biologique est fondée sur un concept universel que DARWIN a clairement exprimé le premier: la notion d'équilibres biologiques; c'est à dire que toute espèce animale ou végétale, du fait même qu'elle naît, se nourrit, se développe et se multiplie, limite dans un milieu donné les populations d'une ou plusieurs autres espèces. Cette limitation naturelle, sans intervention humaine, est constante partout. Elle dépend directement ou indirectement des facteurs physiques et chimiques du milieu, comme la température, les pluies d'une région, le degré hygrométrique de l'air, la salinité d'une eau, la composition ou l'acidité d'un sol; elle dépend aussi de facteurs biologiques, comme la concurrence entre des espèces différentes, pour la même nourriture, la même place, le même abri; elle dépend enfin des ennemis naturels de chaque espèce, que ce soit des parasites, des prédateurs ou des organismes pathogènes déclenchant des maladies.

L'espèce Homo habilis, suivie de l'espèce Homo sapiens, c'est-à -ire l'Homme, est intervenue de plus en plus brutalement dans ces luttes continuelles et dans ces équilibres parfois précaires, car son intelligence lui a donné le pouvoir d'exploiter tous les milieux: défricher les forêts, établir d'immenses zones de monocultures, chasser ou pêcher de façon intensive, transporter d'un continent à un autre plantes et animaux. Entre toutes les autres espèces vivantes existe une sorte de pouvoir-tampon qui fait que ces interventions répétées de l'espèce humaine sont encore supportées la plupart du temps sans dommages apparents pour les équilibres naturels. Il arrive néanmoins, pour des causes qui peuvent être très diverses, que certaines espèces animales ou végétales deviennent "nuisibles" parce que les dégâts qu'elles commettent pour subsister deviennent économiquement intolérables pour l'espèce humaine: ou bien elles pullulent brutalement ou s'attaquent de façon continue directement ou indirectement aux fruits des activités humaines. L'Homme cherchera alors le moyen de les limiter pour d'abord assurer sa propre subsistance, mais aussi ses bénéfices, selon un autre concept universel, antagoniste de la biodiversité, reposant sur la rentabilité et le profit. N'attirent ainsi l'attention générale de l'espèce humaine, seulement parce qu'elle les exploite ou qu'elle se trouve concurrencée, que quelques centaines d'espèces sur les millions d'autres espèces concurrentes ou auxiliaires potentielles qui continuent à s'équilibrer mutuellement à la surface du globe au sein de la biodiversité.

Face aux organismes vivants qui entrent en compétition avec elle, l'espèce humaine a donc eu depuis plusieurs centaines de milliers d'années l'avantage de pouvoir concevoir de nombreux outils et méthodes pour s'en défendre, pour les attaquer et pour les exploiter. Après avoir étudié au cours des âges les modes de vie et les exigences de ses compétiteurs naturels, elle utilise maintenant des méthodes physiques, chimiques, génétiques, parfois des méthodes de lutte culturale,

mais aussi les propres ennemis naturels des espèces qu'il lui faut combattre


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