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Apparitions et extinctions

Les grandes crises d'extinctions

On a évalué l'évolution de la biodiversité au cours des périodes géologiques. Les passages d'une ère à l'autre correspondent à des catastrophes biologiques : un grand pourcentage des espèces vivantes disparaissent brutalement.. à l'échelle des temps géologiques. La plus importante catastrophe semble s'être produite entre le Paléozoïque et le MésozoÏque (-230 à -250 M. A.) : plus de 50% des espèces disparaissent et certains groupes, comme les trilobites, s'éteignent. La fin du Mésozoïque (-65 à -70 M. A.) correspond à l'extinction des dinosaures, mais aussi des ammonites et d'un grand nombre d'autres espèces marines.

Les espèces évoluent dans le temps : elles apparaissent, se développent puis disparaissent, soit que les conditions d'environnement aient changé, soit que la compétition avec d'autres espèces devienne trop rude. L'extinction des espèces est donc un phénomène naturel, indispensable à l'évolution du vivant. La durée moyenne estimée de l'existence d'une espèce varie entre 2 et 8 M.A.

En dehors de ces extinctions normales, on constate des crises d'extinctions qui témoignent de bouleversements écologiques à l'échelle planétaire : altérations climatiques profondes, ouverture de mers par la séparation de masses continentales, phases d'activité volcanique de grande ampleur. Ces crises sont parfois attribuées à des phénomènes astronomiques, tels que la collision avec une météorite géante, et certains ont cru y déceler une périodicité de l'ordre de 26 millions d'années.

A la lenteur de ces extinctions, à l'échelle des temps géologiques, on peut opposer la cadence infernale d'érosion de la biodiversité imposée par les activités humaines en cette fin du 20ème siècle. La destruction d'écosystèmes complets entraîne l'extinction de milliers d'espèces qui y vivent. On estime que dans moins de 10 ans, 5 à 20% des espèces auront disparu du fait des activités humaines ! La surpopulation des pays pauvres, mais aussi la négligence des sociétés industrialisées, entraînent déforestation, perturbation des systèmes hydriques, pollution chimique et organique, effet de serre... et l'indifférence quant aux destructions n'est pas le triste monopole des pays défavorisés.

Fossiles et fossiles vivants

Les fossiles sont les témoins de l'évolution. Même lorsque la fossilisation est excellente, seules les formations squelettiques (externes ou internes) sont conservées, parfois seulement des moulages et souvent des fragments difficiles à interpréter. Les gisements de fossiles bien conservés sont rares et la reconstitution des conditions environnementales souvent très hypothétique. La découverte d'organismes vivants appartenant à des lignées supposées éteintes est donc un événement important pour la science. Un tel " fossile vivant " est une sonde apportant du passé des informations inespérées sur la biologie et l'écologie des espèces disparues. Certains de ces organismes sont connus depuis longtemps : les nautiles, les stromatolithes, le Ginkgo biloba. D'autres, comme le coelacanthe capturé en 1938 sur la côte Est d'Afrique du sud, ont connu un tel engouement qu'ils ont vulgarisé le terme de fossile vivant.

C'est seulement dans la deuxième moitié du 19ème siècle que les premières récoltes dans les profondeurs des océans ont ramené des  fossiles vivants, dont les plus remarquables sont les crinoïdes pédonculés. Les naturalistes embarqués sur le " Challenger " espéraient même retrouver en profondeur des mondes perdus. Ils ne se trompaient pas totalement ! Les découvertes de ces 10 dernières années dans la zone bathyale supérieure de la Nouvelle-Calédonie montrent qu'il subsiste bien dans les profondeurs des faunes supposées disparues : ainsi le crinoïde pédonculé Gymnocrinus richeri, qui appartient à une radiation Jurassique supposée éteinte. Il semble que la fréquence de ces formes archaïques soit particulièrement élevée dans notre région. On a ainsi retrouvé des spongiaires " disparus ", des espèces du groupe des sphinctozoaires supposé éteint depuis le Paléozoïque ; un représentant vivant des graptolithes, groupe qui était florissant il y a 400 M. A.; des mollusques Pleurotomariidae, des brachiopodes, des bryozoaires... Ces reliques du passé vivent actuellement dans les profondeurs marines au sud de la Nouvelle-Calédonie.


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